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Jeunes chercheurs

Programme de recherche de mars 2023 à mars 2024

L'Institut d'études de géopolitique appliquée (Iega) est un think tank français spécialisé dans les relations internationales depuis 2015. Depuis sa fondation, l'institut est guidé par la volonté d'associer société civile, acteurs institutionnels et scientifiques dans le domaine de l'analyse géopolitique. Guidé par le souci d'indépendance et d'objectivité tout autant que par l'aspect humain, il œuvre en ce sens à travers la publication de travaux scientifiques en libre-accès, ainsi que par l'organisation d'événements et de formations accessibles au plus grand nombre.L'Iega rassemble tous types d'acteurs : fonctionnaires exerçant dans les métiers de la diplomatie et des institutions, professionnels dans le secteur privé, jeunes actifs et étudiants. Grâce à la qualité de ses travaux et à l'implication de ses collaborateurs, aussi bien internes qu'externes, l'institut a achevé sa mutation professionnelle depuis plus de trois ans, ce qui lui permet d'assurer son indépendance et de garantir sa liberté d'action, mais également de multiplier les projets d'envergure. En sus du développement exponentiel de son activité en général, l'Institut a ainsi publié son Atlas géopolitique du monde contemporain aux éditions ellipses, puis organisé des manifestations scientifiques d'ampleur, à l'instar de son colloque international au Sénat le 28 octobre 2022 en partenariat avec la Division diplomatie publique de l'Otan. À cela s'ajoute la diffusion toujours plus large de la Revue diplomatique, qui compte 19 numéros et plusieurs hors-séries. L'ensemble de ses activités fait de l'Iega l'objet d'intérêts particuliers de gouvernements, d'organisations internationales et de structures privées faisant appel à son expertise.

Dans le prolongement de ces efforts et ayant toujours comme ambition de contribuer au développement de la recherche en géopolitique, l'Iega instaure un programme à destination des jeunes chercheurs pour promouvoir une expertise novatrice et renouvelée en sciences sociales et politiques.

Ce programme contribue au rayonnement scientifique de l'institut à travers les publications de ses membres, qui bénéficient d'un espace de publication dédié sur notre site. Les jeunes chercheurs de l'Iega ont la responsabilité de produire un rapport de qualité, consacré à une problématique géopolitique en lien avec l'un des quatre grands axes du programme et qui fera l'objet d'une publication sous format papier. En sus de ce rapport annuel, publié dans la collection « Programme jeunes chercheurs de l'Iega », les chercheurs publient des notes de recherche en lien avec leurs travaux et l'actualité géopolitique. Un jeune chercheur peut également être force de proposition et contribuer à l'organisation et au développement des manifestations scientifiques d'envergures de type colloque, ainsi qu'en qualité d'intervenant. 

  • En définitive, dans le cadre de ce programme les chercheurs bénéficient d'un espace de publication régulier et en libre-accès. Ils participent à la publication d'un ouvrage collectif et édité puis publient chaque trimestre une note de recherche en lien avec leurs travaux et l'actualité géopolitique.
  • Les chercheurs participent à la préparation et à l'organisation de colloque puis y interviennent aux côtés de chercheurs et autres personnalités de renom.
  • Ces activités et l'année d'expérience au sein du programme permettent aux chercheurs sélectionnés de développer leur réseau en vue d'une meilleure insertion professionnelle, en créant des liens étroits entre les secteurs public et privé.
  • Les chercheurs pourront bénéficier d'un financement ponctuel pour l'aide à la mobilité et/ou à la réalisation de travaux.

Les axes de recherche du programme

  • Sécurité et multilatéralisme

Les enjeux sécuritaires sont depuis toujours une partie intégrale des problématiques géopolitiques. Dans l'ensemble, les relations internationales, la diplomatie culturelle et la coopération économique se construisent et s'articulent autour des préoccupations sécuritaires des États.

Depuis la fin de la Première Guerre mondiale, le multilatéralisme apparaît comme un levier incontournable des sorties de crises. Après l'échec de la Société des Nations, l'Organisation des Nations unies (ONU) s'est imposée comme une forme plus mature d'organisation multilatérale. L'institution phare de la gouvernance plurielle a depuis essaimé une quantité de groupes de recherches et de réflexions, soulignant la valeur transversale du multilatéralisme. L'effondrement de l'Union soviétique a entraîné l'apparition de nouveaux organismes et de nouveaux formats développés ad hoc, pensés comme autant de réponses raisonnées à diverses crises. Dans d'autres cas, certaines organisations multilatérales par essence, comme l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord (OTAN), se trouvèrent contraintes de se réinventer et de revoir leurs modes d'opérations.

Loin de représenter la forme absolue de consensus politique, le multilatéralisme constitue un élément déterminant de stratégie politique. La Chine fait ainsi de l'Organisation de Coopération de Shanghai (OCS) la vitrine d'un modèle de gouvernance alternatif, tout en utilisant son poids diplomatique au sein de l'ONU afin de faire pencher la balance internationale en faveur de sa politique étrangère. Cela soulève également la question de la gouvernance dans un contexte multilatéral, mais aussi son cadre légal.

Sécurité et multilatéralisme demeurent donc l'enjeu et la mécanique essentielle à la compréhension des grandes questions géopolitiques à venir.

  • Droit international et diplomatie culturelle

L'émergence de nouveaux espaces de conflictualité appelle nécessairement l'évolution du cadre réglementaire, tant pour prévenir l'éclatement de la violence que dans le but de la circonscrire. La même logique impose le développement d'une réflexion centrée sur les techniques émergentes qui pourraient profondément impacter les sociétés humaines : l'intelligence artificielle, le quantique, sans oublier l'expansion de l'espace cyber. Les analyses géopolitiques autour du droit international dépassent donc largement les débats sur son caractère non-coercitif et la validité de son application.

Outre le fait qu'ils forment de nouveaux théâtres d'affrontements pour les États, ces espaces forment le prolongement du cadre diplomatique traditionnel. La diplomatie culturelle ne doit cependant pas être réduite à la dichotomie entre violence et non-violence, car l'absence de lutte armée n'est pas synonyme d'absence de conflit. La dimension culturelle et interculturelle des relations internationales est indispensable à la compréhension des grands enjeux géopolitiques et, à l'instar du droit, un élément indissociable de leur éventuelle résolution.

Droit international et diplomatie culturelle sont donc deux dimensions essentielles à toute réflexion géopolitique.

  • Conflictualités économiques

La pandémie de Covid-19 et le poids politique croissant des préoccupations climatiques dans l'espace public contribuent, depuis quelques années maintenant, à nourrir les discours appelant à une réforme majeure du système économique mondial. Longtemps cantonnée à des cercles politiques minoritaires, la remise en question du dogme néo-libéral et de la « mondialisation bienheureuse » est aujourd'hui une réalité de facto. Les mesures protectionnistes mises en place par Donald Trump, puis Joe Biden, les chiffres de la croissance chinoise et les conséquences délétères de la guerre d'Ukraine pour l'économie mondiale, tissent le lien entre une contestation idéologique et la matérialité de la géopolitique contemporaine.

L'économie n'est pas qu'une affaire de chiffres et de flux, elle s'incarne de manière concrète à travers les conflits idéologiques, la diplomatie économique, les opérations d'influences, voire les guerres. Élément emblématique de la nouvelle conflictualité qui entoure les questions économiques, les enjeux liés à l'exploitation des ressources énergétiques et stratégiques, mais également la réflexion globale qui s'initie autour de la protection des infrastructures. La géoéconomie et les problématiques liées aux conflictualités économiques sont complexes, plurielles et transversales par essence. Il ne s'agit donc pas seulement d'aborder la géopolitique mondiale sous l'angle de l'analyse économique, mais surtout de considérer le poids de l'économie et son impact géopolitique direct à l'échelle globale.

  • Paradigmes environnementaux

La prise de conscience grandissante des enjeux environnementaux s'impose désormais dans l'ensemble des couches de la société. Les acteurs civils et non-étatiques, depuis longtemps au premier rang de la mobilisation, intensifient leur mobilisation afin d'accélérer le déploiement des politiques climatiques, alors qu'une partie d'entre eux glisse vers la radicalité. Les divergences de position entre les États se traduisent par une application souvent contradictoire de politiques publiques et industrielles, chaque gouvernement tentant au maximum de concilier le respect des engagements climatiques avec le reste de leurs responsabilités vis-à-vis des citoyens.

Les acteurs économiques ne sont pas en reste, souvent pris dans le feu croisé des injonctions politiques contradictoires. Le développement de nouvelles techniques capables de réduire l'impact du dérèglement climatique et de mieux s'y préparer, notamment grâce à un important travail mené sur les énergies, font de certaines entreprises l'objet d'importantes luttes d'influences entre États.

Parallèlement à la mobilisation de la société civile dans son ensemble, les forces armées et le secteur de la défense se sont également positionnés sur ces enjeux. Confrontées à l'évolution sans précédent des théâtres de guerre, les armées doivent impérativement développer leurs capacités analytiques et prospectives afin de se préparer à de nouvelles conflictualités.

La transversalité des enjeux environnementaux en fait donc un sujet géopolitique à part entière, lequel appelle à une réflexion spécifique en mesure de considérer le caractère total des effets du dérèglement climatique.


Critères de sélection

Étudiant en sciences humaines et sociales inscrit en doctorat au moment du programme (mars 2023 - mars 2024), ou jeune chercheur ayant soutenu sa thèse depuis un an maximum.


Modalités de candidature

Les candidats devront composer un dossier avec les documents suivants :

  • curriculum vitae et lettre de motivation adressée à Yohan Briant, directeur général de l'Iega et Alexandre Negrus, président de l'Iega
  • copie du dernier diplôme obtenu ou, à défaut, une attestation de réussite
  • une copie du mémoire de master 2 ou un article répondant aux normes de publication scientifique
  • un projet de recherche s'inscrivant dans l'un des axes du programme jeunes chercheurs

Les candidatures sont à adresser sous forme d'un unique fichier PDF à l'adresse recrutement@institut-ega.fr le 6 février 2023 au plus tard.


Calendrier

  • publication de l'appel à candidature le 2 janvier 2023
  • candidature ouvertes jusqu'au 6 février 2023 inclus
  • sélection jusqu'au 20 février 2023
  • début du programme le 6 mars 2023