Birmanie : la diplomatie de normalisation de la Junte face aux impératifs démocratiques
Entretien avec Nan Su Mon Aung, représentante en France du ministère des Affaires étrangères du Gouvernement d'Unité Nationale (NUG) birman.
Propos recueillis par Olivier Guillard, chercheur associé à l'Institut d'études de géopolitique appliquée, dans le cadre de l'observatoire du risque politique et social en Asie de l'Iega.
Depuis le coup d'État de 2021, la Junte militaire birmane s'emploie à rétablir sa légitimité sur la scène internationale, multipliant les initiatives diplomatiques auprès de plusieurs chefs d'État de la région. Selon Nan Su Mon Aung, toute normalisation des relations entre la communauté internationale et le régime en place constituerait une erreur stratégique majeure, équivalant à une capitulation face aux aspirations démocratiques du peuple birman. Elle exprime par ailleurs une préoccupation particulière quant à l'approfondissement des liens entre la Junte et deux puissances, la Russie et la Chine, dont l'appui militaire, économique et diplomatique produit des effets délétères et immédiats sur la population civile.
La perspective d'une paix durable demeure, dans ce contexte, hautement incertaine. Les offensives militaires se poursuivent, renforcées par un recours croissant à la force aérienne. Tout processus de sortie de crise supposerait l'ouverture d'un dialogue authentique entre l'ensemble des parties prenantes, intégrant pleinement la diversité ethnique constitutive du pays. En l'absence d'une telle dynamique, la paix reste hors de portée, tandis que la population birmane, éprouvée par cinq années de conflit et fragilisée par les épidémies et les catastrophes naturelles, continue d'en payer le prix le plus lourd.

