Le poids des partis pro-russes en Europe
Nouvelle carte créée par Nato Tardieu, directeur du département cartographie de l'Iega et extraite de notre ouvrage collectif à paraître en septembre prochain aux Éditions Ellipses.

Ce dimanche 12 avril, des élections cruciales auront lieu en Hongrie, dont l'issue pèsera durablement sur les équilibres politiques internes du pays comme sur les rapports de force au sein de l'Union européenne.
Selon Nato Tardieu, directeur du département cartographie de l'Iega auteur de la carte (déc. 2025), la Hongrie apparaît comme le bastion le plus solide des courants dits « pro-russes » au sein de l'Union européenne. Avec un bloc Fidesz-KDNP dominant à 54 % et l'appoint du mouvement radical MH (6 %), le pays affiche un alignement avec les intérêts géopolitiques de Moscou qui dépasse largement les scores observés chez ses voisins.
L'enjeu de ce scrutin dépasse les frontières nationales. La carte répertorie les partis pro-russes selon leur propension à contester le récit européen sur l'invasion de l'Ukraine et à bloquer les sanctions. Une reconduction massive de Viktor Orbán, qui bénéficie d'un soutien affirmé de la part de l'administration américaine (ouvertement hostile aux démocraties libérales européennes), confirmerait la Hongrie comme le principal verrou aux initiatives de défense commune de l'Union.
Le scrutin s'inscrit dans un contexte de « stratégie russe de déstabilisation » mêlant influence, cyberattaques et désinformation.
La Hongrie n'est plus isolée dans l'espace européen, avec la montée en puissance de blocs similaires en Slovaquie (SMER-SD à 23 %), en Autriche (FPÖ à 29 %) ou en France (RN et alliés à 37 %).
Le scrutin de ce dimanche constitue un véritable baromètre de la résilience européenne : la Hongrie restera-t-elle le pivot de l'influence de Moscou en Europe centrale, ou le paysage politique continental amorcera-t-il une reconfiguration face à la pression russe ?
