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Cyberguerre : la vulnérabilité des câbles sous-marins

13/04/2026

Réalisée par Nato Tardieu, directeur du département cartographie de l'Iega, cette carte est extraite de notre ouvrage collectif à paraître en septembre prochain aux Éditions Ellipses, cette nouvelle carte illustre ces tensions croissantes autour des infrastructures numériques et la vulnérabilité des câbles sous-marins dans un contexte de cyberguerre.

À Moscou et dans d'autres grandes villes russes, la colère monte face aux coupures d'internet des réseaux mobiles, orchestrées par les autorités. Ces coupures sont justifiées pour des raisons de sécurité afin de faire face notamment aux drones ukrainiens, mais elles s'inscrivent également dans la dynamique du projet d'internet souverain russe, le RuNet.


Jusqu'à présent, la censure visait principalement la presse russophone basée à l'étranger ainsi que les grandes plateformes de médias et réseaux sociaux occidentaux, dont Telegram, largement utilisé dans la Fédération. Désormais, ce sont les VPN, utilisés pour contourner la censure, qui sont dans le viseur : les opérateurs devront augmenter leurs tarifs lorsque l'utilisation d'un VPN sera détectée. 

Ces évolutions illustrent le paradoxe de l'internet russe : une puissance offensive redoutable sur le front des cyberattaques, mais une infrastructure nationale de plus en plus isolée et vulnérable, au risque de paralyser sa propre économie.


Si sa propre connectivité est fragilisée, la Russie demeure le quartier général des principaux groupes de hackers pro-russes. Ces acteurs exploitent les vulnérabilités des câbles et des centres de données occidentaux, alors même que leur propre réseau national fait l'objet d'une reprise en main drastique. Dans ce contexte, la coupure de câbles sous-marins n'est plus une hypothèse d'école mais un levier de « cyberguerre » active visant à isoler des régions entières.

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